Lado A // Lado B dans le cadre de la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes.
Vernissage20 mai, 18hLieuHôtel de Ragueneau, 71 rue du Loup, Bordeaux
L’exposition réunit les œuvres de María Duro, Pedro Jiménez Morrás, Louna Reina-Larguier, Pini Peperina, Juan Ignacio Salcedo et Alexa Trifilio autour de l’expérience migratoire, des identités plurielles et des familles franco-latines vivant à Bordeaux.
Une série photographique sur les formes de vie, de lien et de cohabitation des familles franco-latines vivant à Bordeaux.
María Duro entre dans les foyers pour observer les gestes, les espaces partagés et les objets qui composent un quotidien traversé par plusieurs langues et appartenances.
Una serie fotográfica sobre las formas de vida, vínculo y convivencia de las familias franco-latinas que viven en Bordeaux.
María Duro entra en los hogares para observar los gestos, los espacios compartidos y los objetos que componen una vida cotidiana atravesada por varias lenguas y pertenencias.
Artiste
María Duro
María Duro (Buenos Aires, 1985) vit et travaille à Bordeaux. Formée en design à l’Université de Buenos Aires, elle développe une pratique entre photographie, dessin et collage.
Son travail s’intéresse à l’identité, à la mémoire et au déplacement à partir de situations proches, intimes et quotidiennes.
María Duro (Buenos Aires, 1985) vive y trabaja en Bordeaux. Formada en diseño en la Universidad de Buenos Aires, desarrolla una práctica entre fotografía, dibujo y collage.
Su trabajo se interesa por la identidad, la memoria y el desplazamiento a partir de situaciones cercanas, íntimas y cotidianas.
Graphite sur papier / installation in situ — dimensions variables
Une installation sur la matérialité bureaucratique de l’expérience migratoire, à travers contrats, attestations, titres de séjour et temps d’attente.
Le rouleau continu et le graphite déplacent l’esthétique administrative vers un témoignage sensible sur le coût du départ, de l’arrivée et du maintien d’une situation régulière.
Una instalación sobre la materialidad burocrática de la experiencia migratoria, a través de contratos, certificados, permisos de residencia y tiempos de espera.
El rollo continuo y el grafito desplazan la estética administrativa hacia un testimonio sensible sobre el costo de partir, llegar y sostener una situación regular.
Artiste
Pini Peperina
Pini Peperina (Córdoba, 1988) est artiste interdisciplinaire, enseignante-chercheuse et diplômée de la Faculté des Arts de l’Université Provinciale de Córdoba.
Sa pratique explore les liens entre identité, mémoire et environnements sociaux et naturels.
Pini Peperina (Córdoba, 1988) es una artista interdisciplinaria, docente universitaria e investigadora, egresada de la Facultad de Artes de la Universidad Provincial de Córdoba.
Su práctica explora los vínculos entre identidad, memoria y entornos sociales y naturales.
Artiste
Juan Ignacio Salcedo
Juan Ignacio Salcedo (Buenos Aires, 1995) vit et travaille à Bordeaux. Formé en Sciences de l’Éducation, il interroge les formes de savoir produites par les pratiques artistiques contemporaines.
Il explore la dimension politique des récits et des contextes qui traversent les oeuvres et les déplacements.
Juan Ignacio Salcedo (Buenos Aires, 1995) vive y trabaja en Bordeaux. Se formó en Ciencias de la Educación y se interesa por las formas de saber producidas por las prácticas artísticas contemporáneas.
Explora la dimensión política de los relatos y de los contextos que atraviesan las obras y los desplazamientos.
Oeuvre
Todo pasa por la lengua [Tout passe par la langue]
Texte, 2026
Un texte sur la langue comme espace de familiarité, d’exclusion, de mémoire et de négociation avec le pays d’accueil.
Pedro écrit depuis une expérience migratoire de longue durée, entre plusieurs pays, plusieurs traductions et plusieurs niveaux d’intégration.
Un texto sobre la lengua como espacio de familiaridad, exclusión, memoria y negociación con el país de acogida.
Pedro escribe desde una experiencia migratoria de larga duración, entre varios países, varias traducciones y varios niveles de integración.
Artiste
Pedro Jiménez Morrás
Pedro Jiménez Morrás (Santiago du Chili, 1965) vit à Bordeaux. Traducteur et rédacteur indépendant, il a aussi travaillé dans les relations extérieures, la communication et la diffusion dans le spectacle vivant et l’art contemporain.
Son écriture se situe à la limite entre essai et autofiction, nourrie par des trajectoires entre Chili, Colombie, Suisse et France.
Pedro Jiménez Morrás (Santiago de Chile, 1965) vive en Burdeos. Es traductor y redactor independiente, y trabajó también en relaciones exteriores, comunicación y difusión en artes escénicas y arte contemporáneo.
Su escritura se sitúa en el límite entre ensayo y autoficción, nutrida por trayectorias entre Chile, Colombia, Suiza y Francia.
Une installation autour des espaces domestiques latino-américains, des objets du quotidien et de la construction affective du foyer.
Chaussures, sacs, boutures, buffet partagé et produits emballés déplacent dans l’exposition des formes d’intimité liées à la mémoire et à la migration.
Una instalación en torno a los espacios domésticos latinoamericanos, los objetos cotidianos y la construcción afectiva del hogar.
Zapatos, bolsas, esquejes, buffet compartido y productos empaquetados desplazan al espacio expositivo formas de intimidad ligadas a la memoria y la migración.
Artiste
Louna Reina-Larguier
Louna est une artiste franco-colombienne basée à Bordeaux. Elle a vécu à Bogotá et à Istanbul avant de s’installer en France, où elle réside depuis dix ans.
Son travail explore les tensions entre intimité, mémoire personnelle, culture populaire et reconstruction du foyer.
Louna es una artista franco-colombiana radicada en Bordeaux. Vivió en Bogotá y en Estambul antes de instalarse en Francia, donde reside desde hace diez años.
Su trabajo explora las tensiones entre intimidad, memoria personal, cultura popular y reconstrucción del hogar.
Cette série naît de l’intérêt d’observer comment les familles franco-latines vivant à Bordeaux construisent leurs liens au quotidien, à travers les espaces partagés, les gestes et les formes de cohabitation.
Pour se rapprocher de ces réalités, María entre dans les foyers de ces familles. La caméra se concentre sur le quotidien : ce qui se répète, ce qui s’improvise, ce qui apparaît sans intention d’être montré. Les images cherchent à enregistrer une manière de vivre plutôt qu’à la représenter.
Le projet commence il y a deux ans avec les premières séances photographiques, et s’ouvre progressivement à des configurations familiales diverses : une mère divorcée et ses filles bilingues, des parents séparés qui maintiennent un lien autour de l’éducation des enfants, des couples qui construisent de nouvelles formes de famille à partir d’histoires différentes.
En parallèle des images, la présence d’objets dans les maisons introduit une autre dimension du travail. Ces éléments du quotidien parlent de l’ancrage culturel de ceux qui habitent ces espaces. Il ne s’agit pas de symboles conçus pour être vus, mais d’objets réels, intégrés à la vie quotidienne, qui transforment les intérieurs et créent une forme de proximité avec le lieu d’origine.
Ce projet est aussi une manière de m’interroger moi-même et de confronter mes propres préconceptions sur ce que signifie être latino. En tant qu’Argentine, je cherche à m’approprier mon histoire et mon identité.
Dans quelle mesure me sens-je représentée par le stéréotype de la “latina exotique” ? Combien de personnes autour de moi s’y reconnaissent-elles ?
Au-delà de la langue, dans quelle mesure les proximités culturelles traversent-elles les différentes réalités latino-américaines ?
Les Français en couple avec des Latinos avaient-ils une image préalable du “latino” ? Comment la vivent-ils aujourd’hui ?
Qu’est-ce qui explique la présence de tant de familles mixtes à Bordeaux ?
Descripción de la obra
Esta serie nace del interés por observar cómo las familias franco-latinas que viven en Bordeaux construyen sus vínculos en la vida cotidiana, entre espacios compartidos, gestos y formas de convivencia.
Para acercarse a estas realidades, María se introduce en los hogares de estas familias. La cámara se centra en lo cotidiano: lo que se repite, lo que se improvisa, lo que aparece sin intención de ser mostrado. Las imágenes buscan registrar una forma de vida más que representarla.
El proyecto comienza hace dos años con las primeras sesiones fotográficas, y con el tiempo se abre hacia configuraciones familiares diversas: una madre divorciada y sus hijas bilingües, padres separados que mantienen un vínculo en torno a la crianza, parejas que construyen nuevas formas de familia a partir de historias distintas.
En paralelo a las imágenes, la presencia de objetos dentro de las casas introduce otra dimensión del trabajo. Estos elementos cotidianos hablan del arraigo cultural de quienes habitan esos espacios. No se trata de símbolos pensados para ser vistos, sino de objetos reales, integrados en la vida diaria, que modifican los interiores y generan una forma de cercanía con el lugar de origen.
Este proyecto es también una manera de interrogarme a mí misma y de confrontar mis propios preconceptos sobre lo que significa ser latina. En tanto argentina, busco apropiarme de mi historia y de mi identidad.
¿Cuánto me siento representada por el estereotipo de la latina exótica? ¿Cuántas de las personas que conozco se reconocen en él?
Más allá de la lengua, ¿en qué medida las proximidades culturales atraviesan las diferentes realidades latinoamericanas?
¿Los franceses en pareja con latinos tenían una imagen previa del “latino”? ¿Cómo la viven hoy?
¿Qué hace que haya tantas familias mixtas viviendo en Bordeaux?
Artiste
María Duro
María Duro (Buenos Aires, 1985) vit et travaille à Bordeaux, France. Formée en design à l’Université de Buenos Aires, elle développe une pratique entre photographie, dessin et collage.
À partir de situations personnelles ou proches, elle explore les notions d’identité, de mémoire et de déplacement. Elle s’intéresse à ce qui se construit dans le quotidien — les liens, les gestes et les objets — comme traces de trajectoires individuelles et collectives.
Avec l’humain comme point central, sa pratique sensible entrelace l’intime et le collectif, faisant du quotidien un espace de réflexion sur ce que nous sommes.
María arrive en France en 2018, après avoir rencontré et vécu avec Paul à Buenos Aires pendant près de deux ans. Paul est français.
María Duro (Buenos Aires, 1985) vive y trabaja en Bordeaux, Francia. Formada en diseño en la Universidad de Buenos Aires, desarrolla una práctica entre la fotografía, el dibujo y el collage.
A partir de situaciones personales o cercanas, explora las nociones de identidad, memoria y desplazamiento. Se interesa por lo que se construye en lo cotidiano —los vínculos, los gestos y los objetos— como huellas de trayectorias individuales y colectivas.
Con lo humano como punto central, su práctica sensible entrelaza lo íntimo y lo colectivo, convirtiendo lo cotidiano en un espacio de reflexión sobre lo que somos.
María llegó a Francia en 2018, después de haber conocido y vivido con Paul, durante dos años en Buenos Aires, Argentina. Paul es francés.
Graphite sur papier / installation in situ — dimensions variables
Description de l’oeuvre
L’œuvre cherche à déconstruire le récit romantique et héroïque de la famille migrante pour la replacer dans une réalité matérielle fragilisée : celle du sujet bureaucratique. À travers une chronologie visuelle allant de l’acceptation à l’EBABX (École des Beaux-Arts de Bordeaux) aux contrats de travail, attestations et titres de séjour, en passant par des documents commerciaux et des échanges familiaux, l’installation rend visibles les coûts — physiques, financiers, temporels et émotionnels — liés à la préparation du départ, à l’arrivée et au maintien d’une situation administrative régulière en France.
L’œuvre propose ainsi une réflexion critique sur le papier en tant que dispositif symbolique, preuve d’existence et matérialité de l’incertitude. Construire une famille sur une autre terre a un coût : du papier et du temps.
Le format du rouleau continu est utilisé pour représenter l’expérience migratoire comme un processus sans début ni fin clairement définis : une accumulation verticale de couches où les événements administratifs se superposent et se prolongent dans le temps, reflétant la circularité des démarches et leur intrusion dans les vies intimes. Sur ce support sont redessinés, à des échelles modifiées, visas, autorisations et contrats. Ce geste technique s’approprie l’esthétique bureaucratique de l’État pour la transformer en témoignage sensible : le changement d’échelle confronte le regardeur à la portée symbolique du document et renverse les rapports de pouvoir entre l’administration et la famille migrante.
Sur le plan matériel, l’installation souligne la persistance du papier dans la bureaucratie française, malgré un contexte global de numérisation. Cette dimension presque anachronique fait du papier une matérialisation de l’attente. L’usage du graphite, plutôt que de l’encre industrielle, introduit un temps manuel, lent et patient, qui agit comme un contrepoint poétique au temps suspendu de la bureaucratie. La fragilité même du graphite — qui s’efface et nécessite d’être fixé — devient alors une métaphore de la fragilité du statut migratoire.
Descripción de la obra
La pieza se propone desmitificar la narrativa romántica y heroica de la familia migrante para situarla en una socavada realidad material: el sujeto burocrático. A través de una cronología visual que abarca desde la aceptación en la EBABX (École des Beaux-Arts de Bordeaux), hasta los contratos laborales, atestaciones y permisos de residencia, pasando incluso por documentos comerciales y mensajes familiares, la instalación visibiliza los costos —físico, monetario, temporal, emocional— de la preparación, llegada y permanencia legal o regular en Francia.
Es una reflexión crítica sobre el papel como dispositivo simbólico, prueba de vida y materialidad de la incertidumbre. Hacerse familia en otra tierra cuesta: papel y tiempo.
Se utiliza el formato de rollo continuo para representar el proceso migratorio como una experiencia sin inicio ni final claramente definidos: una acumulación y verticalidad de capas donde los acontecimientos administrativos se superponen y se prolongan en el tiempo, reflejando la circularidad de los trámites y cómo esto se inmiscuye en nuestras vidas. Sobre este soporte se redibujan a escala modificada visas, permisos y contratos. Este gesto técnico se apropia de la estética burocrática del Estado y la transforma en un testimonio sensible: la ampliación de escala confronta a un otro/a con la importancia simbólica del documento y subvierte la relación de poder entre la administración y la familia migrante.
En términos materiales, la instalación enfatiza la persistencia del papel en la burocracia francesa, incluso en un contexto global de digitalización. Esta condición anacrónica convierte al papel en una materialización de la espera. El uso de grafito en lugar de tinta industrial introduce un tiempo manual, lento y paciente, que funciona como contrapunto poético al tiempo suspendido de la burocracia. La fragilidad del grafito —que se borra y requiere fijación— opera así como metáfora de la fragilidad del estatus de los migrantes.
Artiste
Pini Peperina
Pini Peperina (Córdoba, 1988) est artiste interdisciplinaire, enseignante-chercheuse et diplômée de la Faculté des Arts de l’Université Provinciale de Córdoba, en Argentine.
Sa pratique artistique se situe à l’intersection de réflexions théoriques et conceptuelles visant à élargir les possibilités du processus créatif. Son travail explore les liens entre identité, mémoire et environnements sociaux et naturels, mettant en tension les formes traditionnelles tout en expérimentant de nouveaux modes d’expression visuelle et symbolique.
Elle a participé à des expositions personnelles et collectives en Argentine, en France, en Pologne et en Finlande, et a également développé plusieurs projets curatoriaux en Argentine.
Depuis septembre 2024, elle vit à Bordeaux avec sa famille grâce à un programme d’échange entre l’Université Provinciale de Córdoba et l’EBABX – École des Beaux-Arts de Bordeaux.
Pini Peperina (Córdoba, 1988) es una artista interdisciplinaria, docente universitaria e investigadora, egresada de la Facultad de Artes de la Universidad Provincial de Córdoba, Argentina.
Su práctica artística se ubica en la intersección de ideas teóricas y conceptuales que buscan expandir las posibilidades del proceso creativo. Su obra explora los vínculos entre la identidad, la memoria y los entornos sociales y naturales, tensionando las formas tradicionales y explorando nuevas maneras de expresión visual y simbólica.
Participó en exposiciones individuales y colectivas en Argentina, Francia, Polonia y Finlandia y desarrolló proyectos curatoriales en Argentina.
Desde septiembre de 2024 vive en Burdeos junto a su familia gracias a un programa de intercambio entre la Universidad Provincial de Córdoba y la EBABX – Escuela de Bellas Artes de Burdeos.
Juan Ignacio Salcedo (Buenos Aires, 1995) vit et travaille à Bordeaux, en France. Il s’est formé en Sciences de l’Éducation à l’Université Nationale de Córdoba.
Sa pratique s’articule autour des questionnements esthétiques liés aux formes de savoir produites par les pratiques artistiques contemporaines, en explorant la dimension politique des discours et des récits qui les traversent.
Il a assuré des travaux en tant que commissaire d’exposition pour des projets d’art contemporain en Argentine, participé à une résidence d’artistes en Finlande et présenté des communications dans divers congrès internationaux.
Il est arrivé en Europe dans le cadre d’une résidence artistique en Finlande avant de s’installer en France avec sa famille, dans un contexte marqué par la crise économique argentine.
Juan Ignacio Salcedo (Buenos Aires, 1995) vive y trabaja en Bordeaux, Francia. Se formó en Ciencias de la Educación en la Universidad Nacional de Córdoba.
Su práctica se sitúa en torno a las interrogaciones estéticas sobre qué tipo de conocimiento producen las prácticas artísticas contemporáneas, explorando la dimensión política de los discursos y narrativas que las atraviesan.
Realizó trabajos de curaduría en exposiciones de arte contemporáneo en Argentina, participó en una residencia de artista en Finlandia y ha presentado ponencias en diversos congresos internacionales.
Llegó a Europa para participar de una residencia de artistas en Finlandia y posteriormente se mudó a Francia con su familia para sortear la crisis económica en Argentina.
Todo pasa por la lengua [Tout passe par la langue]
Texte, 2026
Texte complet
Tout passe par la langue. Les langues, par exemple, qui se croisent, s’imposent et s’accumulent au fil du chemin.
La mémoire aussi passe par la langue. C’est là que se déposent les saveurs et les savoirs, qui ne sont jamais tout à fait les mêmes qu’avant, ni qu’au pays.
La langue parle et se souvient, de l’avant, donc de l’ailleurs. La langue raconte et continue de raconter.
La langue est souvent maternelle, mais elle est aussi paternelle. C’est aussi la langue des grands-parents, et souvent elle vient de plus loin encore, même si cela se raconte moins.
La langue est souple, elle sait s’adapter, elle manie parfois plus d’un idiome, et c’est pour cela qu’elle nous aide à nous intégrer, comme on dit.
Et nous continuons à raconter nos histoires, celles d’avant et de là-bas, encore et encore, dans de nouvelles langues que nous essayons de faire nôtres, en chérissant la première et en nous efforçant de ne pas la perdre.
L’émigration est rarement totalement volontaire. Les exils ne sont pas toujours politiques, mais le déracinement et ses douleurs sont communs et nous rassemblent.
S’adapter n’est pas abandonner ; s’intégrer n’est pas se résigner. Et si le changement est toujours présenté comme positif, quand il devient une obligation il peut freiner, il peut nous laisser suspendus entre le là-bas de l’avant et l’ici de notre présent.
Avec un peu de chance, nous reviendrons, mais rarement pour toujours. On ne revient jamais complètement. Ou l’on revient, et l’on repart encore, d’un côté à l’autre du grand océan qui nous sépare.
À un moment donné, à force d’efforts bureaucratiques et parfois avec beaucoup de chance, nous cessons d’être expatriés ou migrants, nous obtenons un autre passeport, comme s’il s’agissait d’une nouvelle identité.
Nous finissons par n’être ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait autres, et celles et ceux qui nous accompagnent s’adaptent eux aussi, apprenant notre langue, nos saveurs et nos savoirs, nos mots et nos chansons.
Nous devenons un nous qui n’est plus seulement celui de la communauté migrante. Nous élargissons le groupe, nous nous approprions de nouvelles saveurs et de nouveaux savoirs pour en faire les nôtres aussi.
Mais la langue continue de traduire et de rappeler, encore et encore. Le là-bas ne s’efface jamais, l’avant n’est pas un mirage, c’est ce qui nous constitue.
Et si nous continuons à n’être ni d’ici, ni de là-bas, nous essayons que le fait d’être heureux reste notre couleur d’identité…
Texto completo
Todo pasa por la lengua. Los idiomas, por ejemplo, que se nos van cruzando, imponiendo y acumulando a lo largo del camino.
La memoria también pasa por la lengua. Ahí se van depositando los sabores y los saberes, que nunca son los mismos que allá, o sea que antes.
La lengua habla y recuerda, el antes, o sea el allá. La lengua cuenta y sigue contando.
La lengua suele ser materna, pero también paterna. Es la lengua de los abuelos también y muchas veces viene de más lejos aún, pero eso no se cuenta tanto.
La lengua es flexible, sabe adaptarse, maneja a veces más de un idioma, y por eso nos ayuda a integrarnos como se dice.
Y seguimos contando nuestras historias, del antes y del allá, una y otra vez, en distintas nuevas lenguas que intentamos hacer nuestras, atesorando la primera y esforzándonos en no perderla.
La emigración es rara vez totalmente voluntaria, los exilios no son siempre políticos pero el desarraigo y sus dolores son comunes y nos reúnen.
Adaptarse no es abandonar; integrarse no es resignarse. Y si el cambio es siempre positivo, cuando se vuelve obligación puede ser un freno, puede dejarnos suspendidos entre el allá que es un antes y el aquí que es nuestro ahora.
Con suerte volveremos, pero rara vez para siempre. Nunca se vuelve totalmente. O se vuelve y se vuelve a volver, una y otra vez. De un lado para otro del gran charco que nos separa.
En algún momento, con grandes esfuerzos burocráticos y a veces con mucha suerte dejamos de ser expatriados o migrantes, obtenemos otro pasaporte, como si fuera una nueva identidad.
Llegamos a no ser ni totalmente la misma, ni totalmente otra y quien nos acompaña también termina adaptándose, aprendiendo de nuestra lengua, sabores y saberes, palabras y canciones.
Nos volvemos un nosotros que ya no es solo el nosotros de la comunidad migrante. Ampliamos el grupo, nos apoderamos de nuevos sabores y saberes para hacerlos nuestros también.
Pero la lengua sigue traduciendo y recordando una y otra vez. El allá nunca se desvanece, el antes no es un espejismo, es lo que nos constituye.
Y si seguimos no siendo ni de aquí, ni de allá, intentamos que ser felices siga siendo nuestro color de identidad…
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Description de l’oeuvre
2026
Sans parler d’une commande précise, lorsque María Duro et Florencia Iwabuti m’ont demandé de contribuer avec un texte non pas à propos de l’exposition mais pour qu’il en fasse partie, la seule éventuelle consigne était celle d’écrire depuis la position de l’immigré de longue date, celui qui maîtrise mieux les codes du pays d’accueil, celui qui est mieux ou bien intégré, selon l’expression habituelle.
Quoi qu’il en soit, carte blanche m’était donnée, et ma vision et mon expérience de l’émigration, du bilinguisme et du multiculturalisme me rendent assez critique quant à la notion d’intégration. Il m’est donc paru évident de proposer un texte écrit en espagnol, sans traduction apparente, afin de mettre en relief l’écart entre familiarité et exclusion face à une information donnée dans une langue étrangère. J’ai toutefois voulu y glisser une tentative d’illustration de la notion d’hétéroglossie à travers une liste de termes provenant de diverses variantes de la langue espagnole, ainsi qu’un ou deux faux amis du français.
Le texte parle peu de mémoire et d’enfance, bien que ce soient deux territoires importants de l’expérience migratoire. En effet, d’une part, l’âge du déplacement et sa durée peuvent avoir une influence importante dans l’acquisition et la maîtrise de la langue du pays d’accueil, et, d’autre part, la façon dont les souvenirs se sédimentent peut induire une plus ou moins grande mélancolie ou une gestion contreproductive de la nostalgie.
Tout en faisant allusion à ces phénomènes, j’ai pris le parti de proposer un inventaire de ce que la langue fait ou défait dans notre appréhension d’une nouvelle réalité, et, en miroir, de ce que cette nouvelle réalité fait ou défait de notre rapport à la langue.
Descripción de la obra
2026
Sin hablar de un encargo concreto, cuando María Duro y Florencia Iwabuti me pidieron que contribuyera con un texto, no sobre la exposición, sino para que formara parte de ella, la única indicación posible era la de escribir desde la perspectiva del inmigrante más viajado, aquel que domina mejor los códigos del país de acogida, aquel que está mejor integrado, según la expresión habitual.
En cualquier caso, se me dio carta blanca, y mi visión y mi experiencia de la emigración, el bilingüismo y el multiculturalismo me hacen bastante crítico con respecto al concepto de integración. Por lo tanto, me pareció evidente proponer un texto escrito en español, sin traducción aparente, con el fin de poner de relieve la distancia entre la familiaridad y la exclusión ante una información dada en una lengua extranjera. No obstante, quise incluir en él un intento de ilustrar el concepto de heteroglosia a través de una lista de términos procedentes de distintas variedades de la lengua española, así como uno o dos falsos amigos del francés.
El texto habla poco de la memoria y la infancia, aunque se trate de dos territorios importantes de la experiencia migratoria. De hecho, por un lado, la edad en el momento del desplazamiento y su duración pueden tener una influencia importante en la adquisición y el dominio de la lengua del país de llegada y, por otro lado, la forma en que se sedimentan los recuerdos puede provocar una mayor o menor melancolía o un manejo contraproducente de la nostalgia.
Al tiempo que aludo a estos fenómenos, he decidido ofrecer un inventario de lo que el lenguaje construye o desmonta en nuestra comprensión de una nueva realidad y, a su vez, de lo que esa nueva realidad construye o desmonta en nuestra relación con el lenguaje.
Artiste
Pedro Jiménez Morrás
Pedro Jiménez Morrás (Santiago du Chili, 1965) vit à Bordeaux et travaille un peu partout.
Titulaire d’un Master en littérature anglaise de l’Université de Genève, il est traducteur et rédacteur indépendant. Il a aussi une longue expérience dans le secteur culturel. Il s’est notamment occupé des relations extérieures, de la communication et la diffusion, dans le spectacle vivant et dans l’art contemporain.
À partir d’une pratique étendue de la traduction dans divers domaines allant de la littérature aux arts visuels et aux études culturelles, il cherche à développer un travail d’écriture à la limite entre essai et autofiction.
Pedro est arrivé du Chili en France en 1970, puis de Colombie en Suisse en 1977, et de nouveau en France en 2015. Il a deux enfants, de mère française, qui vivent en Suisse.
Pedro Jiménez Morrás (Santiago de Chile, 1965) vive en Burdeos y trabaja donde sea.
Titular de un máster en Literatura Inglesa por la Universidad de Ginebra, es traductor y redactor independiente. Cuenta además con una larga experiencia en el sector cultural. Se ha dedicado, en particular, a las relaciones exteriores, la comunicación y la organización de giras en el ámbito de las artes escénicas y el arte contemporáneo.
A partir de una amplia práctica en la traducción en diversos ámbitos, que van desde la literatura hasta las artes visuales y los estudios culturales, busca desarrollar una obra literaria entre ensayo y autoficción.
Pedro llegó de Chile a Francia en 1970, de Colombia a Suiza en 1977 y de nuevo a Francia en 2015. Tiene dos hijos, de madre francesa, que viven en Suiza.
Ce projet réunit une série d’interventions inspirées des espaces domestiques latino-américains et d’objets du quotidien liés à la construction d’un sentiment de foyer et d’appartenance. À travers des éléments simples et familiers, l’installation introduit dans l’espace d’exposition des formes d’intimité liées à la mémoire, à la migration et aux manières d’habiter un territoire loin du lieu d’origine.
L’installation se déploie dans différents espaces de l’exposition. Dans la première salle, une porte condamnée est transformée en entrée fictive d’une maison : chaussures laissées dehors, sacs de courses et objets familiers transforment cet élément architectural en seuil domestique. Sur les rebords des fenêtres apparaissent des boutures poussant dans des contenants recyclés, tandis que le couloir entre les deux salles est investi par des éléments domestiques qui rendent l’espace temporairement habitable.
Dans la seconde salle, l’installation prend la forme d’un buffet intitulé Despedida, pensé pour être partagé collectivement lors du vernissage. Composé de produits sud-américains populaires, le buffet demeure ensuite dans l’espace comme le reste d’un moment collectif déjà passé, entre célébration et absence.
Le projet se développe également autour de l’idée du « bouquet de cadeaux », une pratique populaire où les bouquets se transforment en compositions faites d’objets de consommation. À partir de cette référence est réalisée Déjame la puerta abierta 2, une composition de produits alimentaires emballés sud-américains. Pensé comme un objet de départ ou de retour, le bouquet fonctionne comme une forme de mémoire transportable, activant des souvenirs liés au goût, à l’odeur et à des expériences intimes d’appartenance.
À travers ces objets du quotidien, le projet interroge la relation entre mémoire, migration et construction affective du foyer.
Descripción de la obra
Este proyecto reúne una serie de intervenciones inspiradas en los espacios domésticos latinoamericanos y en objetos de la vida cotidiana vinculados a la construcción de un sentimiento de hogar y de pertenencia. A través de elementos simples y familiares, la instalación introduce en el espacio de exposición formas de intimidad relacionadas con la memoria, la migración y las maneras de habitar un territorio lejos del lugar de origen.
La instalación se despliega en distintos espacios de la exposición. En la primera sala, una puerta clausurada se transforma en la entrada ficticia de una casa: zapatos dejados afuera, bolsas de mercado y objetos cotidianos convierten este elemento arquitectónico en un umbral doméstico. En los bordes de las ventanas aparecen esquejes creciendo en recipientes reciclados, mientras que el pasillo entre las dos salas es intervenido con elementos domésticos que hacen del espacio un lugar temporalmente habitable.
En la segunda sala, la instalación toma la forma de un bufet titulado Despedida, pensado para ser compartido colectivamente durante la inauguración. Compuesto por productos sudamericanos populares, el bufet permanece luego en el espacio como el rastro de un momento colectivo ya pasado, entre la celebración y la ausencia.
El proyecto también se desarrolla alrededor de la idea del “ramo de regalos”, una práctica popular donde los ramos se transforman en composiciones hechas con objetos de consumo. A partir de esta referencia se realiza Déjame la puerta abierta 2, una composición de productos alimenticios sudamericanos empaquetados. Pensado como un objeto de ida o de regreso, el ramo funciona como una forma de memoria transportable, activando recuerdos ligados al gusto, al olor y a experiencias íntimas de pertenencia.
A través de estos objetos cotidianos, el proyecto cuestiona la relación entre memoria, migración y construcción afectiva del hogar.
Artiste
Louna Reina-Larguier
Louna est une artiste franco-colombienne basée à Bordeaux. Elle a vécu plusieurs années à Bogotá et à Istanbul avant de s’installer en France, où elle réside depuis dix ans. Elle est actuellement en troisième année à l’École des Beaux-Arts de Bordeaux et présentera son diplôme cette année.
À travers l’installation, l’objet et la construction d’atmosphères domestiques, son travail explore les façons dont la mémoire et le sentiment d’appartenance peuvent se matérialiser dans des objets du quotidien. Sacs de courses, nourriture industrielle, chaussures laissées à une entrée, photographies familiales ou produits populaires deviennent des supports affectifs capables d’activer des souvenirs intimes et des expériences culturelles partagées.
Entre la France, la Turquie et la Colombie, elle développe une pratique traversée par des questions liées à la migration, à la circulation et à la reconstruction du foyer loin du territoire d’origine. Son travail s’intéresse particulièrement aux tensions entre intimité et exposition, culture populaire et mémoire personnelle, cherchant à transformer des expériences sensibles en formes partageables sans les figer ni les exotiser.
Louna es una artista franco-colombiana basada en Bordeaux. Vivió varios años en Bogotá y Estambul antes de instalarse en Francia, donde reside desde hace diez años. Actualmente cursa el tercer año en la École des Beaux-Arts de Bordeaux y presentará su diploma este año.
A través de la instalación, el objeto y la construcción de atmósferas domésticas, su trabajo investiga las formas en que la memoria y el sentimiento de pertenencia pueden materializarse en objetos cotidianos. Bolsas de mercado, comida industrial, zapatos dejados en una entrada, fotografías familiares o productos populares se convierten en soportes afectivos capaces de activar recuerdos íntimos y experiencias culturales compartidas.
Entre Francia, Turquía y Colombia, desarrolla una práctica atravesada por preguntas ligadas a la migración, la circulación y la reconstrucción del hogar lejos del territorio de origen. Su trabajo se interesa particularmente por las tensiones entre intimidad y exposición, cultura popular y memoria personal, buscando transformar experiencias sensibles en formas compartibles sin fijarlas ni exotizarlas.
Les images s'entremêlent, se réimpriment et se superposent. Le récit se fragmente.
Où se sont-ils rencontrés ? Pourquoi ont-ils choisi de s'installer à Bordeaux ? Partagent-ils le même sens de l'humour ? Que préparent-ils à manger chaque jour ? Se comprennent-ils à demi-mot ? Dans quelle langue rêvent-ils ?
Tel un jeu de GeoGuessr permanent, ce vidéo-essai nous invite à explorer l'espace entre ce qui est montré et ce qui est attendu, détachant personnages et narration pour peut-être refléter les préconceptions du spectateur et, peut-être encore, les déconstruire.
Descripción de la obra
Las imágenes se entrelazan, se reimprimen, se sobreimpresionan. La narrativa se fragmenta.
¿Dónde se conocieron? ¿Por qué eligieron formar su proyecto de vida en Bordeaux? ¿Comparten humor? ¿Qué comida preparan todos los días? ¿Entienden los chistes del otro? ¿En qué idioma sueñan?
Como un juego constante de GeoGuessr este video-ensayo nos invita a habitar el intervalo entre lo expuesto y la expectativa, desanclando personajes y relato para tal vez ser reflejo de los preconceptos del espectador y quizá así desarmarlos.
Artiste
Alexa Trifilio
Née à La Plata en 1991, Alexa est diplômée en Arts Audiovisuels, spécialité direction de la photographie, de l’Université Nationale de La Plata.
Au sein de la société de production Índice Cine, elle a travaillé sur les courts-métrages De los contratos (prix du meilleur court-métrage au festival REC des universités publiques) et Sobre usos y costumbres (sélection officielle de la compétition courts-métrages du 31e Festival International du Film de Mar del Plata).
Après son installation à Bariloche, elle cofonde la société de production We the South, où elle participe aux courts-métrages Voice Over (20e BAFICI), Lama Kelü (30e Biennale d’Art Jeune de la Ville de Buenos Aires) et El Fin justifica los miedos (35e Cinelatino – Rencontres de Toulouse).
Installée à Bordeaux depuis 2022, Alexa travaille aujourd’hui dans la restauration.
Nació en La Plata, en 1991. Se diplomó en la Licenciatura de Artes Audiovisuales con orientación en dirección de fotografía de la Universidad Nacional de La Plata.
Como parte de la productora Índice Cine trabajó en los cortometrajes “De los contratos” (ganador mejor cortometraje en el festival REC de universidades públicas) y “Sobre usos y costumbres” (competencia oficial de cortometrajes en el 31° Festival Internacional de Cine de Mar del Plata).
Luego de su mudanza a Bariloche cofundó la productora We the South trabajando en los cortos “Voice Over” (20° BAFICI), Lama Kelü (30° Bienal de Arte Joven de la ciudad de Buenos Aires) y “El Fin justifica los miedos” (35° Cinelatino - Rencontres de Toulouse).
Alexa vino a Bordeaux en 2022 y trabaja en un restaurant.